04.03.2010
Radio like Transmission 8
Par une sordide journée ensoleillée, alors qu'on était bien tranquillement en train de regarder des scopitones a la télé, on a vu passer Nékochat qui trainait un cadavre.
Si on le connaissait pas, on aurait pu penser qu'il avait fait un crime et qu'il tentait, par son action, de se débarrasser discrètement du corps. Au lieu de ça, on le connait, donc on s'est dit qu'étant donné qu'il s'était trouvé un truc a manger ça nous ferait plus de frites.
Qui plus est, il trainait un cadavre mais n'était pas discret.
Non pas qu'il eut souhaité s'exhiber aux yeux du monde, quoiqu'il en fut bien capable, mais il le trainait naturellement, comme on trainerait un fardeau, un boulet ou un sac de patates.
Il aurait trainé un sac de patates , on se serait posé des question, nous l'aurions suspecté d'embrouille, de vol ou de trafic. Mais là, quoi de plus normal qu'un chat trainant un corps sans vie ?
De fait, il est allé le déposer là ou Mémé avait l'habitude de faire la cuisine.
On l'a vaguement entendu dire quelque chose genre: " Eh, la vieille, fais moi revenir ce corps dans une poêle et grilles moi quelques oignons pour que ça ait du gout ".
Puis il est venu s'assoir avec nous pour regarder les scopitones.
Comme il ne s'exprimait pas, on lui a demandé ce que c'était que ce cadavre, qui c'était, d'ou il venait, ou il allait, pourquoi, comment, tout ça.
Il nous a répondu de mauvaise grâce que c'était un type qu'il avait trouvé, assurément un espion ou un conspirateur, plus vraisemblablement un pauvre type normal, et qu'il l'avait tué. Il nous a demandé si d'aventure ça nous posait un quelconque problème de conscience ou autre et on lui a dit que non, ce qui était vrai car ça nous ferait plus de frites.
Nous étions tous captivés par la télévision. Cette machine nous vidait le cerveau d'une façon si douce et si agréable que nous pouvions rester des jours entiers a la regarder.
Même quand elle était éteinte, nous la regardions et la trouvions attirante. C'était a l'évidence la plus belle invention du monde, on était tous d'accord là dessus. Même Nékochat qui n'aime rien l'aimait d'un amour aveugle.
Elle nous enchantait, nous ravissait, nous gobions sans réfléchir les vérités qu'elle nous donnait a voir.
A travers elle, nous accédions aux secrets de l'Univers. Chaque ondes se retrouvaient sur l'écran sous forme de neige, ça et là trous noirs, supergéantes rouges et bleues, galaxies, étoiles a neutron, bruit de fond cosmologique, supernova, hypernova, et cetera, un spectacle hallucinant sans cesse renouvelé.
Nous captions des millions de chaines toutes plus fascinantes les unes que les autres, chaines terrestre, extraterrestre, interstellaire, intergalactiques, journaux télévisés et propagande, publicités, documentaires de toutes sortes, exploits sportifs et cinématographiques, divertissements, chansons, télé achat, télétubbies. Un émerveillement de tous les instants, de ceux qui font que la vie est belle et mérite d'être vécue.
Nous étions heureux, tout simplement, décérébrés malgré nous mais heureux, car nous étions convaincus qu'il n'existe rien de mieux qu'une télévision, rien de plus beau, rien de plus intéressant ou que l'on se trouve dans l'Univers. De toute façon, nous n'avions pas l'énergie pour lutter.
La télévision nous disait d'être heureux.
Elle nous disait aussi d'avoir peur de tous ces trucs qu'on ne connait pas, et aussi qu'il était important de consommer.
Nous étions les enfants d'un monde a l'agonie et nous savions que nous étions mort-nés, mais la télévision nous faisait croire le contraire et ça c'était bien.

22:46 Publié dans Séries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, télévision, amour
02.03.2010
The Little Big Flying Circus episode 3
L'entrée dans l'atmosphère de la planète Shturmovaya 22 ne fut pas une partie de plaisir.
On a du ralentir au maximum afin que nos machines ne finissent pas leur carrière en poussières surchauffées et en gouttelettes de métal fondu.
Le temps était vraiment très mauvais et le plafond très bas. On y voyait rien du tout et quand enfin on est sorti de la couche de nuages, on s'est retrouvé a environ 50 mètres du sol.
On a pas eu beaucoup de temps pour relancer les moteurs et mettre les gaz a fond pour éviter d'aller s'écraser lamentablement au beau milieu de nulle part. Puis on a mis le cap a l'Est en direction de l'aérodrome ou se trouvait stationné l'escadron Zéro.
Heureusement que Sensui-kun nous avait refilé les coordonnés car sans ça on ne l'aurait jamais trouvé.
L'endroit semblait désert et la piste ressemblait a celle d'ou on était parti, un champ de pommes de terre plus ou moins en friches.
Le 52 s'est posé en premier sans encombres, mais faut dire que malgré son air de rien, Mémé connait parfaitement son affaire.
Puis ce fut notre tour. J'y allait en premier. Tout se passait bien jusqu'au moment ou dans la radio Nékochat a hurlé un truc du genre: " Espèce de débile ! T'as pas sorti ton train !! ". Un train ? De quoi voulait il parler ?
C'est quand mon "Emil" a commencé a racler le sol en projetant de la terre partout que j'ai fait le rapprochement. Il voulait parler des roues de l'avion.
Celui ci a continué de glisser puis un bout d'hélice est venu fracasser la verrière et j'ai failli être décapité ! Puis l'essence a pris feu et ça a explosé.
Quelle chaleur ! Les autres ont atterri et alors que j'attendais que ma ceinture de sécurité ait fini de cramer pour sortir de l'épave, j'ai aperçu Nékochat qui arrivait vers moi et j'ai vu qu'il me criait quelque chose et qu'il avait l'air d'être très en colère, mais avec le bruit de l'incendie, j'entendais pas bien ce qu'il disait.
" Maudit taré que t'es !!! Encore un zinc bon pour la fonderie ! T'aurais mieux fait de crever dans le crash car je vais te faire regretter ta foutu incompétence ! ".
A l'évidence, il me passait un savon qui allait durer au moins un bon quart d'heure. Heureusement que Mémé et Aulé-chan étaient là pour tempérer légèrement la situation, sans ça il m'aurait surement achevé dans le cockpit !
Ito Itochat est arrivé et m'a félicité pour mon atterrissage en me disant que c'était la plus belle vautrade qu'il n'ait jamais vu.
L' "Emil" a continué a bruler pendant une heure ou deux et pendant ce temps, toujours aucun signe de l'escadron Zéro.
On en a donc profité pour décharger le 52 sous l'oeil inquisiteur de Nékochat qui s'attendait a ce qu'on fasse d'autres bêtises.
Les sorcières ont fait le ménage dans les baraquements et ont préparé des beignets au poulpe pour tous le monde.
On était en train de finir d'engloutir notre part de beignets quand on a entendu le grondement poussif des appareils du Zéro qui rentraient de mission. On est sorti pour les voir se poser, ça c'était de l'atterrissage, on voyait bien que ces gars connaissaient leur boulot.
Leurs machines étaient encore plus décrépites que les nôtres. Ils les ont garées a coté du "Tante Ju" puis sont allé saluer Nékochat.
On est allé leur dire bonjour, mais ils ont fait comme si on existait pas.
Mémé nous a dit: " Laissez tomber, aucun de ces gars ne sympathisera avec nous, vous ne connaissez pas le dicton de l'escadron Zéro? "Avant la cinquième victoire, personne ne vous parlera, après la dixième, on vous estimera, mais avant la cinquantième on vous regrettera". Aux yeux de ces vétérans nous ne sommes même pas des pilotes ! ".
C'était un drôle de dicton en vérité, car l'escadron Zéro n'avait pas réellement d'ennemi. Ces types là passaient leur temps a s'imaginer qu'ils étaient en guerre et poursuivaient un adversaire fantôme.
Mais ils y croyaient dur comme fer.
Dans le meilleur des cas ils vidaient leurs chargeurs dans le vide, mais ils étaient tellement givrés qu'il n'était pas rare qu'ils se canardent entre eux.
Le moins fou des deux était "Jaune 2" , quant au "Jaune1", c'était un genre de Nékochat, tout aussi vindicatif et fêlé. D'ailleurs, c'était un chat, un vieux chat mité de couleur grisâtre.
"Jaune 2" était aussi un chat, tout aussi mité mais moins vieux et beige.
Ils étaient là depuis si longtemps qu'ils en avaient oublié leurs noms, et s'interpellaient par le chiffre peint en jaune sur leurs machines. Nul doute que ces types avaient connu les horreurs de la guerre, mais celle ci était terminée depuis longtemps et personne n'avait pensé a les prévenir.
Nékochat nous a mis au garde a vous et "Jaune 1" s'est adressé a nous en ces termes:
" Messieurs dames, bienvenue a la JG-0, dans un mois les trois quart d'entre vous seront morts, les autres seront devenus des vétérans. Ce sera tout, rompez !".
C'était un accueil glacial, mais au moins on savait a quoi s'attendre. Heureusement qu'on était juste venu pour leur apporter des avions !
Le soir venu, on s'est tous retrouvé dans le baraquement principal pour manger et bien sur, personne n'a fait attention a nous.
Les trois chats restaient entre eux et discutaient de leurs exploits de combat en buvant du saké tandis que nous mangions des frites en sirotant nos limonades.
Au bout d'un moment, ils étaient tous bourrés et se sont mis a effectuer une sorte de danse et s'adressant a nous ils scandaient:
" Mouahahaha ! Regardez bien les bleus ! Voici comment on s'enfonce dans le blizzard, nos traces aussitôt effacées ne mènent nulle part mais qu'importe, il faut marcher ! ".
Ils avaient tous un regard effrayant et on a bien cru qu'ils allaient nous manger !
Finalement, terrassés par l'alcool, ils se sont effondrés sur les tables et nous on est allé se coucher. La nuit a été courte.
Au petit matin on a été réveillé par le son strident de la sirène d'alerte. Nékochat a débarqué dans le baraquement en hurlant:
" Debout les nazes ! Toi toi et toi, ramenez vous et grouillez vous d'installer les bombes sur les "Emil" qui sont en bout de piste !
Quant a toi sorcière, file préparer du café, nous mourons de soif ! ".
(A SUIVRE)

08:52 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : aviation
01.03.2010
The Little Big Flying Circus episode 2
A 13H25 heure locale nous nous sommes rassemblés devant les "Emil" et Nékochat nous a dit:
" Les gars, je vous souhaiterai bien bonne chance, mais c'est pas dans mes habitudes, donc on s'en passera ! Je ne dirais qu'une chose, celui ou celle qui par son attitude désinvolte met en péril le bon déroulement de la mission aura personnellement a faire a moi et ira rôtir en enfer !".
On s'est tous regardés d'un air soupçonneux genre " si il se passe quelque chose c'est pas moi c'est lui ". Puis on s'est tourné vers l'Est en sacrifice et on a pris place dans les machines. Des démarreurs électriques avaient été installés a bord pour pallier l'absence de mécaniciens parce que normalement, pour démarrer il faut tourner la manivelle. Les DB 601 ont semblé cracher leurs tripes a l'allumage, vomissants flammes et fumée noire dans un vacarme effrayant et emplissant l'air ambiant et le cockpit d'une odeur écoeurante d'essence cramée.
Malgré ça, l'excitation était a son comble alors que nous roulions vers le bout de la piste dans un fracas assourdissant.
Nous attendions avec une certaine anxiété le moment du décollage et dans la radio on entendait Aulé-chan qui riait en disant: " Purée !! Qu'est ce que ça vibre ! ".
Elle au moins elle avait pas l'air de s'en faire…
Puis Nékochat a donné le signal en jetant un flacon de saké vide par la verrière et on s'est élancé… Aulé-chan est parti la première, c'est comme ça qu'on a tout vu.
Sa machine lancée a fond a d'abord rebondi sur une motte de terre puis a effectué une brusque embardée sur la gauche, ce qui est normal avec l' "Emil", sauf que normalement il faut compenser en appliquant un bon shoot sur le palonnier. Mais ça, elle l'ignorait.
L'avion a rebondit encore une fois puis en touchant a nouveau le sol, le train d'atterrissage s'est cassé et il est parti en glissade sur l'aile, qui s'est cassé a son tour. Le crash a été terrible !
L' "Emil" est parti en tonneau et s'est d'un coup embrasé. En un instant, c'était terminé pour Aulé-chan.
Nékochat a hurlé dans la radio en allemand: " Weiße zwei ! SIND SIE FROH !?? ".
Heureusement qu'Aulé-chan résiste très bien au feu. Elle est sorti de l'épave en riant et nous a fait coucou avec ce qui restait de son foulard de pilote alors qu'on passait en trombe juste a coté du sinistre. Elle allait devoir nous suivre par ses propres moyens. Pour le reste d'entre nous le décollage s'est bien passé, comme on a assisté au crash, on a plus ou moins pu anticiper la dérive a gauche de nos zings due au puissant couple du DB 601.
Puis on a commencé a grimper pour quitter la planète.
Ca nous a pris un bon moment puis on est enfin sorti de l'atmosphère. A ce moment là, la malchance s'est a nouveau abattue sur notre escadrille.
Le moteur du "9 noir" d'Ito Itochat s'est mis a déglutir une épaisse fumée noire et a perdre de l'huile puis il s'est arrêté. Fort heureusement, a cet instant nous n'utilisions plus nos moteurs pour avancer car les hélices ne marchent pas dans l'espace, cependant, un appareil avec un moteur foutu n'allait pas servir a grand chose là ou nous allions.
Nékochat a encore crié dans la radio: " Winter scheise, swartz neun !! Du bist ein grüner hund !!".
Malgré tout nous parvenions a maintenir un semblant d'ordre dans la formation. Aulé-chan nous avait rejoint et voletait a nos cotés. On avait rattrapé le vieux "Tante Ju" et on se dirigeait maintenant vers le courant d'espace-temps qui allait nous mener a destination en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.
Nékochat était vraiment a cran. Voir Aulé-chan lui tourner autour en rigolant l'énervait au plus haut point. Il a ouvert sa verrière et lui a crié:
- Au lieu de rien faire, va donc t'occuper du moulin du "9 noir" !
- Néé? De quoi ??
- Va chercher des outils dans le 52 et file me réparer ce 109 ! Et magnes toi le train sinon je te descend, Sorcière de malheur !!
- Aaah, oui ! A vos ordres chef !
Puis il a hurlé dans la radio: " "9 noir", rapproche ton taxi du 52 en vitesse !", ce qui fut aussitôt fait.
Apres avoir ouvert le capot et trafiqué un moment dans le moteur, Aulé-chan a remarqué qu'une durite était débranchée et avait provoqué une fuite d'essence. Si le moulin n'avait pas aussitôt calé, on aurait eu droit a une belle explosion !
Une fois la durite remise en place, le DB 601 est reparti au quart de tour. Aulé-chan en a profité pour nettoyer la verrière qui était recouverte d'huile et de suie puis le "9 noir" a rejoint la formation et on est arrivé a l'endroit ou se trouvait le courant d'espace-temps qu'on devait emprunter.
Le trajet dans le courant s'est passé sans incident notable. Certes, nos étions entourés d'astéroïdes de toutes tailles dont certains nous frôlaient dangereusement, mais comme on allait tous dans la même direction il n'y a pas eu de collisions. Aulé-chan nous a servi des bento car on mourait de faim, on a même eu de la limonade.
Quelques heures plus tard on était rendu a destination.
( A SUIVRE )

21:48 Publié dans Séries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aviation




